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En micronutrition, de nombreux praticiens commencent encore leur raisonnement à partir des symptômes du patient : fatigue persistante, troubles du sommeil, stress, douleurs diffuses, troubles digestifs, baisse de concentration, etc.
Ces plaintes sont fréquentes… mais rarement spécifiques.


Cette approche est largement héritée du modèle médical classique, dans lequel l’on apprend à établir un diagnostic à partir des signes cliniques.
En nutrition et en micronutrition, cette logique montre pourtant rapidement ses limites.

En nutrition, le symptôme est un signal tardif


L’organisme humain possède une extraordinaire capacité d’adaptation.
Face à des apports insuffisants en micronutriments, il mobilise ses réserves et met en place des mécanismes compensatoires parfois très efficaces.
Mais cette compensation a un prix :
 

  • épuisement progressif des réserves,
  • dérégulations métaboliques,
  • inflammation de bas grade,
  • augmentation du stress oxydatif.
     

Résultat : lorsque les symptômes apparaissent, les déséquilibres nutritionnels sont souvent anciens, multiples et déjà bien installés, parfois depuis plusieurs années.

Les limites d’une approche centrée sur les symptômes


Fatigue, troubles digestifs ou stress peuvent être liés à :
 

  • un ou des déficits liés à des exclusions alimentaires,
  • une insuffisance chronique d'apports,
  • des spécificités physiologiques individuelles,
  • ou une combinaison de plusieurs facteurs.
    Pris isolément, ces symptômes n’orientent que très peu le praticien.
Ils arrivent trop tard et manquent de précision pour comprendre l’origine réelle du déséquilibre micronutritionnel.

L’interrogatoire alimentaire : un pilier de la micronutrition


En consultation de micronutrition, l’outil le plus puissant n’est pas le bilan biologique.
C'est l'interrogatoire alimentaire approfondi qui donne le plus d'indications.
Avant d’envisager des examens coûteux ou une supplémentation systématique, il est essentiel d’analyser :

  • l’alimentation globale réelle,
  • les habitudes alimentaires avec les exclusions conscientes ou inconscientes
  • les contraintes personnelles, sociales ou professionnelles,
  • les croyances et les appétences personnelles
     

Cette analyse permet déjà d’identifier de nombreux facteurs de risque micronutritionnels.

La culture alimentaire : une compétence clé souvent négligée


Une micronutrition rigoureuse exige bien plus que la simple connaissance théorique des nutriments.
Savoir qu’un aliment contient un micronutriment ne suffit pas.
Il faut pouvoir évaluer :

  • sa teneur réelle et comprendre les fluctuations possibles
  • les  quantités effectivement consommées et celles qui devraient l'être pour rendre l'apport alimentaire efficace
  • la biodisponibilité du micronutriment,
  • les pertes liées à la transformation, à la cuisson ou au stockage.
     

L’exemple de l’huile de colza et des oméga-3 : une illustration concrète des limites des raccourcis nutritionnels


Conseiller de l’huile de colza pour couvrir les besoins en oméga-3 peut, à première vue, sembler pertinent.
Cette huile fait en effet partie des rares huiles végétales naturellement riches en oméga-3.
Mais en micronutrition, le diable est dans le détail.


Il est essentiel de rappeler qu’il existe trois grandes catégories d’oméga-3 :

  • ALA (acide alpha-linolénique)
  • EPA (acide eicosapentaénoïque)
  • DHA (acide docosahexaénoïque)

 

Les huiles végétales, dont l’huile de colza, ne contiennent que de l’ALA.


 EPA et DHA, les formes biologiquement les plus actives, sont absentes des huiles végétales.
Ces deux acides gras se trouvent essentiellement dans :

  • les poissons gras,
  • certains fruits de mer,
  • ou les compléments à base d’huiles marines ou  certaines algues.

 De plus, la conversion ALA → EPA → DHA  est un mécanisme très limité
 

  • ALA → EPA : 5 à 10 %
  • ALA → DHA : 0,5 à 2 %

     

La micronutrition commence dans l’assiette


Avant toute supplémentation, une démarche micronutritionnelle rigoureuse commence par une question en apparence simple :
que mange réellement le patient, et en quelles quantités ?

La supplémentation ne peut être qu’un soutien transitoire, destiné à compenser des déficits déjà installés.
Si elle est temporaire, cela implique nécessairement la mise en place, en parallèle, d’un accompagnement nutritionnel capable de faire évoluer durablement les comportements alimentaires.

 

Conclusion : analyser avant de supplémenter


En micronutrition, les symptômes ne sont qu’un signal d’alerte tardif.
L’analyse alimentaire reste l’outil le plus pertinent pour comprendre les déséquilibres en amont.
La micronutrition rigoureuse commence dans l’assiette.
Avant la supplémentation, analysons les fondations.
C’est cette expertise alimentaire, précise et contextualisée, qui permet une prise en charge réellement efficace et respectueuse de la physiologie.

 

Comprendre et appliquer la micronutrition

 

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